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Faux kinésithérapeute en Vendée : 417 victimes indignées par la justice expéditive

L’affaire aurait pu faire l’objet d’un procès classique, avec témoignages des victimes et débats contradictoires. Pourtant, la justice a choisi une voie plus expéditive pour juger cet imposteur qui a abusé de la confiance de centaines de patients en Vendée. Un choix procédural qui suscite aujourd’hui une vive polémique au sein du barreau local.

Plus de 400 victimes bernées par un faux professionnel de santé

Pendant deux longues années, un quadragénaire s’est fait passer pour un kinésithérapeute diplômé dans la station balnéaire vendéenne. L’homme de 42 ans a manipulé pas moins de 417 personnes, leur prodiguant des soins sans posséder la moindre qualification légale.

Les Sables-d’Olonne ont ainsi servi de théâtre à cette escroquerie d’envergure, où des patients confiants ont remis leur santé entre les mains d’un praticien totalement illégitime.

Une procédure judiciaire qui fait grincer des dents

Le 13 mars dernier, la justice a tranché. Mais la manière dont l’affaire a été traitée provoque l’indignation. Plutôt qu’un procès traditionnel, les autorités ont opté pour une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), communément appelée « plaider-coupable ».

Cette procédure simplifiée ne permet aucun débat public ni témoignage des victimes. Une frustration immense pour les plaignants qui espéraient pouvoir s’exprimer devant la justice.

Des sanctions qui laissent un goût amer

Le faux kinésithérapeute écope de 18 mois de prison avec sursis simple, assortis d’une amende de 5 000 euros. Une interdiction définitive d’exercer toute profession médicale ou paramédicale complète le dispositif.

Mais un détail technique interpelle : cette condamnation ne figurera pas sur la partie du casier judiciaire accessible à certains employeurs et administrations publiques. Un élément qui alimente les critiques sur la légèreté apparente du traitement judiciaire.

Le barreau local monte au créneau

Les avocats de la région ne mâchent pas leurs mots. Pour eux, cette affaire constitue un « exemple à ne pas suivre ». La privation de parole imposée aux victimes heurte profondément les principes fondamentaux du droit.

Certains professionnels du droit établissent même un parallèle avec le projet de loi SURE porté par Gérald Darmanin, dénonçant une tendance à expédier certaines affaires au détriment des droits des victimes.

Des zones d’ombre persistantes

L’enquête avait également révélé des suspicions d’abus sexuels dans cette affaire. Toutefois, ces accusations ont été classées sans suite par le parquet, laissant planer des interrogations sur l’ampleur réelle des agissements de l’imposteur.

Ce classement ajoute à la frustration des plaignants, privés de la possibilité d’évoquer publiquement l’ensemble des faits reprochés à leur faux thérapeute.

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